dad plays with child when she whines

Parentage ludique : le câlin énergique

Lorsqu'une demande raisonnable ne parvient pas à convaincre nos enfants, il est temps d'adopter une toute nouvelle tactique. Nous proposons le câlin énergique !

Un article traduit de l’anglais par Chloé Saint Guilhem, formatrice certifiée Hand in Hand

Lorsque les enfants sont pris dans un comportement qui ne fonctionne pas pour eux ou pour toi, nous, les parents, devenons généralement sérieux et instructifs. “Mon fils, tu sais que ce n’est pas gentil de dire ça, et je t’ai déjà demandé d’arrêter” ou “Mon chéri, tu ne peux pas suivre le chat et l’embêter. Il n’aime pas ça. Je t’ai demandé de le laisser tranquille”. C’est ce que nous faisons dans nos bons jours ! Et c’est un progrès considérable par rapport à “Maudite sois-tu ! Pourquoi dois-je te le répéter encore et encore ! Va dans ta chambre !” ou “C’est ça. Tu vas avoir droit à une fessée si tu n’écoutes pas !”

Mais en réalité, aucune de ces deux approches n’aide vraiment l’enfant qui est perdu dans le “pays des comportements qui ne fonctionnent pas”.

Les supplications aboutissent tôt ou tard à une dispute, parce qu’elles ne fonctionnent pas. Et des mesures plus radicales éloignent nos enfants de nous. En réponse à la punition, l’enfant s’oriente plus souvent vers un comportement déraisonnable. Et si tu ne fixes aucune limite, les enfants ont la même réaction : ils ont recours à des comportements plus flagrants et plus incendiaires.

Lorsqu’une demande raisonnable ne parvient pas à convaincre nos enfants, il est temps d’adopter une toute nouvelle stratégie. Nous proposons le câlin énergique !

En savoir plus : Découvre les causes des pleurnicheries et les moyens d’y mettre un terme dans l’article Quel est le remède contre les pleurnicheries ?

Interposer les limites de façon ludique

Ton enfant réclame un biscuit. Tu lui dis “Pas maintenant, mon chéri, prends une carotte à la place”, mais il continue à pleurnicher. Au lieu d’essayer de le raisonner ou de le distraire, Tu prends ton enfant, tu le jettes par-dessus ton épaule et tu te promènes dans la cuisine en disant : “J’ai le plus grand amateur de biscuits de tous ! Il adore les biscuits ! Il adore les biscuits ! Il adore les biscuits !” Tout ce qui est stupide et physiquement ludique peut faire l’affaire.

Ou bien ton enfant harcèle son frère cadet, en accaparant un jouet que le plus jeune veut. Tu pourrais intervenir et lui dire sérieusement : “Tu n’as pas le droit de traiter ton frère de cette façon”. Mais tu as déjà tenu ce discours à maintes reprises et il ne passe pas.

C’est l’heure des câlins énergiques ! Tu grimaces et dis “Viens ici, toi !” dans une version caricaturale de ton “J’en ai marre de toi ! Tu attrapes l’aîné par la queue de chemise et tu le tires sur toi le mettant sur tes genoux pour démarrer une bagarre joyeuse ou pour déposer une pluie de baisers sur son ventre.

Tu fais ce que l’on pourrait appeler un “tacle limbique”.

Tu ne pzux pas atteindre le cortex préfrontal de ton enfant, parce qu’il ne peut pas sentir ses liens avec qui que ce soit pour le moment. Il ne peut pas écouter la raison, alors tu fais des choses que son système limbique – le centre social de son esprit – peut comprendre.

Tu établis un contact physique. Tu joues. Tu agisses avec chaleur et humour. Tu mets fin au comportement qu’il a adopté, mais tu le fais en faisant des gestes non verbaux et généreux qui signifient “je veux être près de toi”.

Ce sont les signaux dont son système limbique a besoin. Ce sont les signaux qui lui permettent de rire ou de piquer une grosse colère. Ce sont les signaux qui, d’une manière ou d’une autre, feront fonctionner son esprit à nouveau, lui faisant prendre conscience qu’il est sûr d’aimer et de laisser les autres l’aimer.

Mais où est le respect ?

Les parents s’inquiètent du fait que s’ils font preuve de chaleur et d’humour à l’égard de leurs enfants dans ces moments difficiles sur le plan comportemental, ces derniers ne les respecteront pas ou n’apprendront pas les leçons d’amour, de partage et de prévenance à l’égard des autres.

C’est une préoccupation très importante.

C’est à nous de veiller à ce que nos enfants deviennent de plus en plus capables de prendre en compte les besoins des autres. Mais si nous partons du principe que les enfants sont faits pour aimer et pour coopérer, nous avons alors beaucoup plus d’options en tant que parents. Au lieu de penser que nous devons enseigner tant de choses, nous pouvons remarquer qu’un enfant n’est pas sur la bonne voie et simplement créer des liens et prendre le temps de rire ou de pleurer, afin de l’aider à remettre ses émotions en phase.

L’humour et le jeu physique sont de puissants médicaments.

Ils transmettent l’acceptation. Ils expriment une volonté de se connecter. Ils comblent de manière fiable les lacunes que les enfants ressentent lorsque l’école, une demi-heure de préparation des repas ou un appel téléphonique ont interrompu leur sentiment de connexion.

Et ils améliorent aussi notre humeur. Rien ne remonte le moral d’un parent comme un enfant rieur et ravi. Rien ne nous fait plus plaisir qu’un enfant qui demande toujours la même blague pour se blottir dans nos bras. Aux yeux de nos enfants, nous sommes des génies lorsque nous utilisons ces outils. Et le fait de savoir répondre aux problèmes de comportement par la chaleur nous aide aussi à être plus efficaces avec les adultes !

Résultats inattendus du jeu incorporant les câlins

Mon petit-fils a cinq ans et fréquente l’école maternelle. Il a attrapé la fièvre du “je veux être le premier” qui se propage d’un enfant à l’autre comme un rhume. Ces derniers temps, lors de nos Temps Particuliers, il adore jouer avec moi au jeu “Je gagne, tu perds”. Nous avons un petit circuit de voitures et quatre petites voitures qui vont avec. Il choisit la voiture dont il est sûr qu’elle est la plus rapide, et je ne peux choisir qu’une voiture lente. Une seule voiture peut descendre la piste à la fois, et sa règle est qu’il est le seul à pouvoir démarrer en premier.

Je suis toujours, toujours la deuxième !

Je gémis et je m’exaspère de manière ludique lorsque ma voiture arrive en deuxième position, et s’il rit ou se réjouit, je me précipite sur lui pour le plaquer au sol. Il rit et rit encore. Je lui dis : “Ne te moque pas de ma pauvre voiture lente ! C’est une bonne voiture ! Elle gagnera un jour !” et il se réjouit encore, et je le lutte à nouveau. Nous nous amusons beaucoup avec ce jeu.

L’autre jour, à la fin du Temps Particulier, j’ai fait quelque chose que je ne fais pas d’habitude. Je lui ai demandé de ramasser quelques jouets que nous avions éparpillés. Il s’est allongé sur le sol et a dit : “Je n’aime pas ranger !”. Je l’ai à nouveau câliné : Je l’ai encore serré contre moi : “Viens ici, Toi Qui Ne Veux Jamais Ranger !” et nous avons joué un peu plus à la bagarre. J’ai continué le jeu en lui disant avec impatience : “Je suis sûr que tu veux ramasser cette balle !”, je lui tendais la balle et il la jetait. Encore des câlins, de la lutte joyeuse et des rires. Nous avons joué ainsi pendant environ cinq minutes, puis j’ai abandonné l’idée de ranger ensemble.

Je n’avais pas le temps et je ne voulais pas insister pour ranger la pièce absolument à ce moment-là. Je n’avais pas envie de nous faire subir cela. Le désordre n’était pas grand.

Le lendemain, il est venu jouer. La première chose qu’il a faite a été de ramasser une couverture que j’avais jetée sur le tapis. Il l’a pliée et l’a mise à sa place. Il a ramassé des chaussures qui avaient été oubliées dans la cuisine et les a rangées dans le meuble à chaussures. Il a rangé les magazines sur la table basse. Il a rangé quelques livres. Et il m’a demandé s’il y avait autre chose qu’il pouvait nettoyer.

La récompense de nos câlins ludiques sur le nettoyage n’est arrivée qu’un jour plus tard, mais elle était très agréable à voir.

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