Rester-écouter pleurs enfant

Quoi dire lorsque tu Restes-écouter

Un article traduit de l’anglais par Chloé Saint Guilhem formatrice certifiée Hand in Hand

Nos parents, pour la plupart d'entre eux, ne nous ont pas écoutés tandis que nous exprimions nos sentiments de façon passionnée. Ceci n'a jamais été modélisé pour eux. Nous, à notre tour, ne savons pas toujours quoi dire. Il se peut que nous réussissions à ne pas interrompre les sentiments intenses de nos enfants pendant un moment, mais que nous nous trouvions en difficulté pour savoir comment répondre à leurs envies et à leurs besoins, de la façon dont ils les expriment.

Parce que Rester-écouter est un outil que tu peux utiliser face à différents types d’explosions émotionnelles – crise de rage, chagrin, peur, et même une colère passionnée avec un désir de taper ou de mordre – il n'y a pas une formule type à suivre dans toutes ces circonstances. Mais voici les grandes lignes de ce que nous avons appris.

Quoi dire lorsque tu Restes-écouterTon but est de trouver ce qui permet à ton enfant de continuer à libérer ses tensions émotionnelles, pleinement et de façon désinhibée, ainsi que d'apprendre ce qui la freine ou l'arrête. Parfois, les propres peurs de ton enfant vont la freiner ou la stopper. Il s’agira alors pour toi de trouver ce que tu peux faire pour instaurer un climat encore plus rassurant pour elle, dans le temps. Mais parfois un commentaire légèrement “à côté”, de ta part va la distraire de l'émotion qu'elle s’efforce de décharger. Cet article peut t'être utile si tu te demandes quoi dire à ton enfant lorsqu'elle est en train de décharger d'intenses émotions. Ne cherche pas la perfection ! Ces choses mettent du temps à apprendre.

Lorsque tu Restes-écouter, tu veux offrir au moins 75 % d'écoute, avec juste quelques paroles, ici et là. Si une enfant se montre terrorisée, vas-y, montre-toi encore plus rassurant à travers tes paroles. Essaie d’accueillir, de comprendre et de prendre en compte chaque détail concernant l’émotion sur laquelle ton enfant est en train de travailler, et en même temps, fais-lui savoir que tu la protèges, et que tu as confiance qu’elle va très bien réussir à dépasser cette émotion.

Voici quelques unes des choses qui sont utiles à dire.

1) Tu vois ce qui s'est passé et tu t'en préoccupes. Focalise-toi sur ton attention et sur la relation. “Je ne veux pas te laisser toute seule” “J'ai juste envie d'être avec toi en ce moment, rien d’autre.” “Je sais que tu voulais ce biscuit.” “Oui, Maman est sortie ; elle t'aime et elle va revenir.” “Je sais que c'est difficile.” “J'aimerais pouvoir te laisser dehors plus longtemps.” “Laisse-moi rester avec toi encore un moment.” “Je suis arrivé aussitôt que je t’ai entendue m'appeler.” “Je veille sur toi chaque minute.” (Avec les bras grand ouverts) “J’ai de la place pour toi ici sur mes genoux.”

2) La situation présente est sûre. “Je sais qu'elle a pris ta poupée. Tu pourras lui parler dans un petit moment.” “Ton frère ne veut pas te blesser. Je suis désolée de ne pas être arrivé plus tôt pour vous aider.” “Maman va revenir, elle revient toujours.” “Bientôt ça ne te fera plus mal.” “Ton corps sait comment guérir.” “Tu pourras avoir un biscuit un autre jour.” “Personne n’est contrarié contre toi. Mais je dois t’arrêter.” “Je pense que tu peux encore passer une bonne journée.” “Je ne vais pas le chercher tout de suite. Il se peut que nous le retrouvions plus tard.” “Je sais que tu veux partir. Mais je pense que tu pourrais passer un bon moment ici.”

Il existe une différence entre le fait de dire “Il se peut que nous le retrouvions plus tard,” avec l'intention d'arrêter les pleurs, et “Il se peut que nous le retrouvions plus tard,” comme un état de fait, visant à indiquer que la situation est totalement sûre. Essaie de montrer le côté rassurant et l'espoir plutôt que de distraire l'enfant avec l’idée de partir à la recherche de l'objet perdu.

3) Il est rassurant d’observer ce qui vient de se passer, ou ce qui est sur le point de se passer. “Tu veux vraiment la tasse qu'elle a prise.” “Regardons ton genoux et voyons ce qui s’est passé.” “Tu peux lui parler d’attraper le ballon lorsque tu es prêt.” “C'était trop bruyant. Je comprends.” “C'est l'heure d'aller au lit.”, “C'est l'heure de dire au revoir maintenant.” “Es-tu prête pour quitter le parc maintenant ?” Tu accordes à ton enfant une pause par rapport à ce qu’elle a à faire. Ainsi, tu lui permets tout en lui laissant le temps, d’observer et de te montrer ce qu'elle ressent. Touche légèrement le sujet précis qui a fait remonter l'émotion. Fais-y référence uniquement lorsque les pleurs, la colère ou les peurs se calment.

Aussi longtemps que ton enfant aura besoin de travailler sur ce nœud précis d’émotions, le fait de le mentionner amènera de nouveau des larmes, de la colère ou de la lutte physique. Arrivé à un certain point, la cascade de sentiments de ton enfant s'atténuera, et sa pensée s'éclaircira. Jusqu’à en arriver là, appuie sur le point sensible occasionnellement, de façon douce, tout en citant les choses comme elles sont. Utilise le même ton que tu prendrais pour dire : “Le ciel est bleu,” ou “Bruno a le vélo bleu.” “Serena a eu le dernier biscuit.” “Nous n'avons plus de jus d'orange.” “C'est l'heure d'y aller maintenant.” “Ce camion était dans les mains de ton copain. Il te faut lui rendre.”

Mets beaucoup de tendresse dans ton écoute tandis que tu exprimes ces états de fait, de façon à ce que la réalité du moment soit entourée de ta compassion. Ceci fait savoir à ton enfant que la vie est fondamentalement sur une bonne voie, que tu n'as pas peur de ce qui arrive, ou de ce qui va arriver, et que qu’elle a ton attention. Lorsque tu n'as pas peur, tu offres de l’espace et suffisamment de sécurité à ton enfant pour lui permettre de prêter attention à ses émotions, de les décharger complètement et d’en finir avec elles.

4) Si ton enfant est profondément en proie à la peur, essaie de contrer les sentiments qui sont quasiment toujours liés à la peur. Une enfant terrifiée va sentir qu’elle est seule ; que personne ne peut l'aider ; qu'elle ne peut pas arranger les choses ; que cet ennui continuera pour toujours ; qu'elle pourrait ne pas y survivre ; qu'elle n'est pas suffisamment intelligente, suffisamment douée ou suffisamment forte pour s’en sortir ; que personne d'autre ne se préoccupe pour elle. Écoute ce que ton enfant te dit et te montre, offre-lui ton réconfort pour contrer les aspects de la peur ou de la terreur dont elle vous dit faire l'expérience.

Quoi dire lorsque tu Rester-écouter“Je suis là, je ne vais pas m’en aller.” “Je veille sur toi chaque minute.” “Je reste là pour t'aider.” “Tu vas trouver une solution.” “Tu ne sais pas encore, mais tu sauras. J’en suis sûre.” “Cela ne durera pas éternellement. Je m'assurerai de cela.” “Je sais que c'est difficile, mais cela ne le sera pas toujours.” “Tu l'as fait.” “Ce qui t'a effrayée ne se reproduira plus jamais.” “Tu es entièrement bonne. Tu es très bien comme tu es.” “Tu es une fille forte, intelligente. Je crois en toi.” “Rien ne peut me faire changer de camp. Je suis ta mère/ton père, et je suis là pour te protéger.”

En général, les enfants en proie à la peur ont besoin d'entendre qu'ils vont survivre. Dans ces moments-là, parler avec eux de notre amour est beaucoup moins important. La survie est primordiale. “Tu l'as fait” et “Je suis là” sont les phrases clefs pour leur apporter du réconfort.

Ce que tu dis doit venir de toi, pas de cette liste, mais j'espère que cela te donnera quelques idées sur la façon dont les émotions d'une enfant déforment sa réalité, ainsi que sur la façon dont tu peux lui faire savoir que tu l’aimes, et que tu vas rester solidement à ses côtés tandis qu’elle est traversée par ses sentiments et qu’elle s’en libère grâce à ce merveilleux processus de guérison.

Voilà maintenant quelques choses “à ne pas faire” que nous avons identifiées après plusieurs années d'écoute des enfants dans les affres de sentiments intenses.

1) Essaie d'éviter de qualifier les sentiments de tes enfants. Tu veux que ton enfant te parle à toi, de ses sentiments. Elle nommera ses sentiments, si elle désire le faire. Par exemple, nous déconseillons de dire, “Oh, chérie, je vois que tu es très triste,” mais nous vous encourageons plutôt à dire, “Oh, oui, c'était difficile,” de façon à ce que ton enfant soit libre de mettre sur ses sentiments le nom qu’elle veut leur donner, ou de ne pas les nommer du tout.

Beaucoup de gens pensent que l’on a besoin d’apprendre aux enfants à nommer leurs sentiments afin de mûrir, mais nous ne sommes pas d'accord avec cela. Ton enfant va apprendre le nom qui correspond à ses sentiments sans que quiconque ne l'y entraîne. De plus, demander régulièrement à un enfant de nommer son sentiment a plutôt tendance à atténuer la libération de ce sentiment. Cela ramène l'attention de ton enfant dans son cortex préfrontal, et l'éloigne du travail limbique de décharge des tensions émotionnelles. Ton écoute est la clef de ce processus, et non pas la capacité de ton enfant à nommer ses sentiments.

2) Essaie de ne pas dire des choses telles que, “Je vais rester avec toi jusqu'à ce que tu te calmes.” Cela aurait pour effet de focaliser l'attention de ton enfant sur le fait d’arriver au terme du processus de décharge émotionnelle. Tu peux dire, “Je vais rester avec toi tant que c’est difficile,” ou “Je pense que tu peux encore t'amuser aujourd'hui,” ou “Je vais m’assurer que tu aies des choses que tu aimes à manger aujourd'hui, mais pas des biscuits,” plutôt que “Je vais rester ici jusqu’à ce que tu aies fini de pleurer.” Parler de comment le processus va se terminer conduit votre enfant à en précipiter la fin, à se focaliser sur le temps passé, ou à te montrer qu'elle a “fini” de pleurer, alors que des contrariétés évidentes continuent de brouiller son esprit.

3) Essayez d'éviter de parler de ta conviction comme quoi il est bon de pleurer ou de faire une crise de colère. “Il est bon de faire sortir les émotions, vas-y, sois en colère,” ou d'autres commentaires de ce type, qui feront sentir à ton enfant que tu attends quelque chose d'elle. Avec le temps, elle deviendra gênée par rapport au processus de décharge émotionnelle. Tu veux lui faire sentir ta compassion et ton soutien à la place. Donc, quand ton enfant est triste, mais qu'elle ne mène pas un combat physique, reste proche et fais lui simplement sentir la chaleur de ta présence et de ton attention.

Lors d’une séance de travail sur une colère ou une peur, durant laquelle une enfant aurait besoin d'être active physiquement, nous recommandons de dire quelque chose comme, “Je vais rester juste là. Tu peux lutter fort si tu veux. Je ne te laisserai pas me faire mal,” de manière à donner la permission à votre enfant de t'utiliser comme repoussoir tandis qu'elle se débat et pleure afin de libérer des sentiments de peurs. Avec ce genre de “permission”, tu parles de ce qu’il se passe entre toi et ton enfant, plutôt que du processus de libération émotionnelle. C'est la différence entre pousser ton enfant sur la balançoire tout en jouant au jeu de “Je vais te faire un bisou!”, et le pousser en même temps que tu lui énumères combien de calories il brûle pendant qu'il fait des pompes.

Tu peux développer ta capacité à te montrer confiant, chaleureux et inébranlable lorsque ton tendre enfant a été blessé, déçu, ou lorsqu’il se trouve à face avec un défi effrayant.
Voici comment tu peux utiliser ton Partenariat d’écoute pour stabiliser ton propre navire émotionnel lorsqu’il se trouve dans des eaux tumultueuses.

1) Choisis les situations qui t'inquiètent, t'énervent, ou te causent le plus de peine. Prends-les une par une comme thèmes pour ton tour de Partenariat d’écoute. Lorsque tu as choisi une situation, tu peux utiliser les approches suivantes pour t'apporter un certain soulagement face aux sentiments intenses qui surviennent et te tenaillent. Ce ne sont pas les seule approches : toi et ta Partenaire d’écoute allez trouver ce qui marche le mieux pour toi. Ces idées sont juste là pour te permettre de commencer !

2) Dis toutes les choses qui te viennent à l'esprit, celles qui tourbillonnent dans ta tête et qui expriment tes réactions intérieures. “Comment osez-vous traiter mon enfant de la sorte !” ou “Espèce d’idiot! Pourquoi as-tu eu besoin de faire ça!” ou “Pauvre bébé ! Je ne sais pas ce qu'on va faire. Je n'aurais jamais voulu que tu en passes par là !” Quelles que soient tes réactions brutes face à la situation, elles ont besoin d’être entendues par ta Partenaire d’écoute.

3) Ensuite, essaie de faire remonter l'émotion ou la réaction que vous as jusqu'à ton enfance. Est-ce ce que tu n'as jamais pu dire à un grand frère dominant ? À tes propres parents ? Est-ce que cette réaction est explosive, car tu as été victimisé de la même manière ? Qu’avais-tu besoin de dire aux autres à ce moment là ? As-tu eu besoin de crier à l’aide ? De supplier tes parents pour qu’ils te protègent ? Explore, et remonte dans le passé pour te lever pour la jeune personne que tu étais alors, et pour exprimer les émotions qui n'ont jamais été entendues par un écoutant bienveillant.

4) Essaie de t'exprimer avec plus de gentillesse, plus de tendresse, et avec une attention plus grande que ce qui est confortable pour toi. En faisant ceci, il se peut que tu te mettes à rire d'embarras, ou avec le sentiment que, “Ce n'est pas toi!” Généralement, notre capacité à exprimer notre amour à travers nos voix, les expressions de nos visages ou notre toucher est limitée par la façon dont nos parents ont modélisé la gentillesse et l'attention pleine. D’une modélisation incomplète de l'amour et de l'attention tend à résulter une certaine rigidité de notre part – Cela est difficile de se sentir à l’aise pour offrir de la gentillesse de façon nettement plus chaleureuse que ce que nous n’avons jamais reçu. Donc, pour développer votre capacité à montrer l'abondance de votre amour, essaie de le faire avec ta Partenaire d’écoute. Sois attentif à comment tu te sens alors que tu fais ceci. Lorsque tu vas travailler à briser les limites étroites de la gentillesse que l’on a montrée à ton égard, les sentiments vont jaillir, la guérison va survenir, et tu vas remarquer des changements qui seront gratifiant pour toi, et très utiles pour ton enfant.

Par exemple, plus tôt dans mon propre travail grâce à l’écoute, j'ai décidé que je voulais apprendre à montrer de l’affection à travers le toucher. J'ai été capable d'être affectueuse avec mes frères et sœurs en grandissant, mais mes parents étaient souvent trop stressés pour nous toucher avec affection. J'ai réalisé que je n’arrivais pas à donner ou à recevoir de l’affection aussi bien que je le voulais. J'ai passé plusieurs heures de Partenariat d’écoute à simplement placer mon attention sur le fait de toucher délicatement la main, le bras ou la joue de mon Partenaire d’écoute. Faire ceci me faisait fondre en larmes, et un flot de sentiments qui étaient en lien avec les maladies qui ont frappé notre famille, avec la discipline qui nous était infligée à nous en tant qu’enfants, ainsi qu'avec mon désir profond de rendre les choses meilleures, me traversa, heure après heure. Juste le fait de placer mon attention sur un simple signe d’affection a permis à des guérisons importantes d’avoir lieu, et mon Partenaire d’écoute n'a pas eu besoin de dire un mot.

Ta capacité à écouter ton enfant va augmenter à mesure que tu vas utiliser les Partenariats d’écoute comme espace pour expérimenter plus de tendresse, plus d'affection, et comme exutoire pour les émotions que tu as dû retenir durant ton enfance. Et le sixième sens inestimable, comme quoi tu offres à votre enfant exactement ce dont elle besoin de ta part, va se développer aussi. La confiance que ton enfant a en toi va se construire, pleurs passionnés après pleurs passionnés. Et tu vas pouvoir l’aider de façon véritablement puissante.

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