When children lie

Lorsque les enfants mentent

Un réponse de Patty Wipfler à une maman, traduite de l'anglais par Chloé Saint Guilhem, formatrice certifiée Hand in Hand

 

Cute brown-eyed boy looking guilty like he just liedQ. Comment devais-je m'y prendre avec mon enfant de 5 ans qui ment ? C'est un garçon intelligent. Parfois, les mensonges qu'il raconte maintenant sont pleins d'imagination, mais le plus souvent, il s'agit simplement de nier qu'il a fait quelque chose en disant que c'était le fantôme qui vit avec nous. Comment puis-je l'amener à accepter les conséquences s'il ne veut pas admettre qu'il a fait quelque chose ? Parfois, j'essaie simplement de dire “Oh, regarde ! Le shampooing s'est répandu sur le sol ! Tiens, tu prends cette serviette, je prends celle-ci et on va nettoyer tout ça ensemble.”

Il m'ignore comme s'il était un adolescent ! (Il a 5 ans !)

D'autres fois, j'ignore le mensonge qui sort de sa bouche et je continue en me basant sur ce que je peux voir : Il dit qu'il a rangé ses livres, mais ils sont toujours dehors, alors nous ne partons pas pour le parc. Je ne pense pas donner l'impression de croire à ses mensonges. C'est juste que je n'ai pas envie à gérer cela.

R. Vous avez expérimenté plusieurs options face à cette situation, et c'est très bien. Il est utile que les parents remarquent une difficulté et qu'au lieu de s'acharner, ils essaient ceci et cela, et observent ce qui semble aider ou pas. L'expérimentation est le signe d'un bon apprenant ! Je pense pouvoir ajouter un peu de perspective, et une ou deux suggestions.

D'abord, chaque mensonge qu'un enfant raconte a une vérité derrière lui, et différents mensonges signalent différentes vérités.

Les mensonges “à dormir debout”

Une maman que je connais a une fille qui adore raconter des histoires à dormir debout lorsqu'elle rencontre des adultes qu'elle connaît en ville. Elle parle des longs voyages qu'elle a faits, ou des cinq animaux domestiques qu'elle a à la maison, en long et en large. Elle travaille dur pour captiver son auditoire. En écoutant sa mère, et en réfléchissant ensemble à sa vie, nous avons supposé qu'elle ne voulait pas être exclue de la conversation des adultes. La vérité ici est que l'enfant veut absolument recevoir une attention positive.

Les mensonges du type “Je vais bien” ou “Je suis meilleur que toi”

La plupart des enfants ont peur d'être considérés comme inférieurs ou sont en contact avec des personnes qui sont très compétitives. La compétition signifie que quelqu'un doit être jugé comme inférieur, et cela est toujours, toujours difficile pour les enfants. Certains mensonges sont donc conçus pour s'assurer que l'enfant sera considéré comme adéquat. “J'ai cinq poupées Barbie à la maison !” ou “Je sais déjà conduire !” sont des fanfaronnades qui permettent d'éviter l'humiliation. En réalité, l'enfant veut être considéré comme adéquat, comme bon.

Les mensonges du type “Je ne veux pas le faire”

Les enfants mentent lorsque vous leur demandez de vous dire qu'ils ont terminé une tâche. S'ils ne veulent pas faire la tâche, mais qu'ils sentent qu'il n'est pas prudent pour eux d'avoir leur opinion sur cette tâche, ils vous diront simplement qu'ils l'ont réalisée, en espérant ne pas avoir à faire face à leurs sentiments profonds de ne pas vouloir la réaliser, ou à vos sentiments profonds concernant leur “défaillance”. Les enfants veulent être bons, veulent coopérer, mais ils ont aussi besoin de moments et d'endroits où ils peuvent dire qu'ils n'ont pas envie de coopérer. Lorsqu'un tel moment ou un tel endroit n'existe pas, un mensonge se produit. La vérité ici est “Je ne veux pas, mais je ne sais pas si quelqu'un va m'aimer si je dis ça”.

Les mensonges du type “Je vais me faufiler pour obtenir ce que je veux”

Ces mensonges sont assez semblables aux mensonges du type “Je ne veux pas le faire” – l'enfant veut quelque chose, et il est assez certain que personne ne réalise à quel point ces désirs l'accaparent. Alors, plutôt que de faire face à ses sentiments de besoin, il va chercher en silence la chose désirée. (Nous, les adultes, faisons cela tout le temps ! Nous nous procurons en douce des M&M's lorsque nous faisons un régime, nous nous accordons quelques minutes de plus pour boire une tasse de thé avant d'emmener les enfants à la garderie, nous retrouvant à devoir traverser la ville à toute vitesse). La vérité ici est : ” Je veux ! Et il semble qu'il n'y ait pas de place pour avoir ce que je veux, ou pour montrer à quel point je le veux.”

Les mensonges du type “Je ne suis pas mauvais”

Ce sont probablement les plus courants, et les plus difficiles à gérer pour les adultes. Nous voyons que notre enfant a fait quelque chose qui dépasse les limites du raisonnable. Nous savons qui l'a fait, et nous voulons que l'enfant l'admette. Mais il ne le fera pas. Nous voulons que l'enfant prenne ses responsabilités, mais il continue à mentir.

Cette situation est, pour la plupart des parents, exaspérante et effrayante. Nous commençons à nous inquiéter pour notre enfant, et pour le genre de personne qu'il sera quand il sera grand ! La vérité qui se cache derrière ce mensonge est importante. Nous sommes grands, les enfants sont petits, et ils dépendent – pour leur vie – de notre amour et de notre approbation.

Ils ne risqueront pas leur lien vital avec nous en disant quelque chose qui nous éloignera d'eux, nous mettra en colère ou nous rendra plus durs envers eux. Ils ne peuvent pas (et on ne devrait peut-être pas s'attendre à ce qu'ils le fassent) couper leur propre lien vital avec l'amour de cette façon. C'est une chose terrible d'être humilié. C'est terrible d'être confronté à la colère ou à la punition d'un adulte, alors que vous ne faites que le quart de sa taille et que vous dépendez entièrement de son approbation.

La punition et le blâme rongent comme de l'acide le sentiment de sécurité et d'espoir d'un enfant. La vérité qui se cache derrière ce genre de mensonge est la suivante : “Je ne sais pas pourquoi je me suis mal comporté. Tout ce que je sais, c'est que ma vie dépend de l'approbation de ma mère et de mon père.”

Qu'est-ce qui peut aider un enfant qui ment ?

Un bon premier pas pour un parent est de penser à la situation dans son ensemble. Oui, du miel a été renversé sur le sol et l'enfant est là, les mains collantes, à dire qu'il n'a rien fait. Le mensonge peut être exaspérant, mais il envoie un message clair. “J'ai besoin que tu m'aimes !” On nous a appris très sévèrement qu'un enfant doit dire la vérité à un parent. Il est important de prendre du recul et de remarquer que nos propres normes de vérité d'adulte sont en fait assez incohérentes.

Nous racontons tous des mensonges sociaux : “Oh, je suis désolé, je ne peux pas venir à votre réunion, j'ai un autre engagement.” Ou, “J'adore le pâté.” Et nous couvrons nos propres fautes, pour les mêmes raisons que nos enfants. “J'ai oublié de laver les chemises, chéri ! Je suis désolée !” alors qu'en fait, on s'en souvenait, mais on était trop épuisé pour faire une chose de plus. Nous ne voulons pas avoir à subir la désapprobation, la critique ou la douche froide. Un jour ou l'autre, nous mentirons aussi par amour !

Lorsque les enfants mententCe qui aide les enfants qui racontent des histoires ou mentent, c'est un sentiment plus fort de proximité avec leurs parents. Cela signifie, en général, des moments réguliers où il s'agit d'un Temps Particulier, où il peut faire ce qu'il veut (le parent veillant à la sécurité), avec l'approbation et l'attention totale de ses parents.

Ces moments n'ont pas besoin d'être longs, mais ils doivent être réguliers. Cela aide les enfants à ressentir plus directement l'amour que nous leur offrons, et à sentir qu'ils peuvent compter sur notre attention. Et comme vous l'avez peut-être remarqué, la plupart des mensonges des enfants révèlent une vérité sur leur désir et leur besoin d'amour et de proximité. Les Temps Particuliers vous aident à offrir à votre enfant ce dont il a envie et besoin.

Les enfants ont également besoin de limites fermes, fixées avec chaleur plutôt qu'avec sévérité. Lorsque vous dites : “Je sais que tu veux un autre bonbon d'Halloween, mais je ne te le laisserai pas en avoir un autre avant demain” avec désapprobation, cela empêche l'enfant de montrer l'ampleur de ses sentiments de besoin. Ces sentiments risquent alors de le pousser à en manger en cachette, parce qu'il n'y avait pas de place pour que quelqu'un puisse voir et accepter (mais pas céder) ses désirs.

Lorsque vous dites la même chose en attirant un enfant sur vos genoux et en acceptant qu'il fasse une crise de rage parce qu'il veut un bonbon, vous permettez à l'enfant de décharger ces grands sentiments. Vous ne donnez pas le bonbon, vous donnez votre amour et votre attention. À la fin d'une crise, il se sentira mieux, et son obsession pour son bonbon sera probablement résolue, du moins pour un temps.

Il l'a mis sur la table, vous avez tout entendu. Ces désirs se réduisent à néant, comme un ballon qui a volé sauvagement dans la pièce, puis est tombé au sol. Soulagé de ces désirs, il peut trouver d'autres moyens d'être heureux. Nous appelons cela Rester-écouter. Cela a pour effet de permettre aux vérités émotionnelles des enfants d'avoir leur moment (ou leur heure, selon la durée pendant laquelle la vérité a été gardée sous clé).

La dernière idée qui pourrait être utile est la suivante : ne feignez pas l'ignorance. Si vous connaissez la réponse à la question “Qui a fait cela ?” ou “As-tu accompli cette tâche ?”, ne la posez pas. N'attendez pas de votre enfant qu'il se dénonce lui-même lorsque vous êtes prêt à vous mettre en colère. Poser ce genre de question ne fera que vous décevoir, car, se retrouvant dans une voie sans issue, l'enfant doit mentir. La vérité, c'est qu'il ne peut pas vous satisfaire d'une façon ou d'une autre. Vous serez en colère s'il dit la vérité, et en colère s'il ne le fait pas.

Au lieu de cela, allez voir si sa chambre est rangée, ou si les poubelles ont été sorties. Si ce n'est pas le cas, allez vers lui, mettez-vous à son niveau et dites : “Je vois que tu n'as pas rangé ta chambre”. “Il n'a pas besoin de mentir, car vous avez la vérité en main.

Et n'établissez pas de conséquences. Restez simplement avec lui jusqu'à ce que vous trouviez ensemble comment faire le travail. Il peut avoir besoin de pleurer parce qu'il ne veut pas le faire. Il aura peut-être besoin de se plaindre et de vous faire entendre combien sa vie est difficile. Il peut avoir besoin de négocier. Il peut avoir besoin que vous lui disiez : “Non, pas de négociation ce soir.”

Tôt ou tard, l'effort pour vous établir un lien avec lui sera payant. Il se sentira mieux compris. Vous aurez évité d'être dur et en colère. Plus probablement, il se sentira plus en sécurité, plus aimé et plus enclin à venir vous voir quand il sent que les choses sont difficiles, plutôt que de devoir mentir sur ce qu'il ressent et ce qui s'est passé.

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